Quand grand-maman revient en région

C’est pour effectuer un retour aux sources que Liette Bélanger, 75 ans, est revenue habiter le Témiscamingue, sa terre natale, qu’elle avait décidé de quitter 27 ans auparavant pour la ville de Gatineau.

Il était temps selon elle de se rapprocher de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. « Le temps qu’il me reste, je veux le passer auprès de mes proches, je veux être autour pour les voir grandir », dit-elle.

Depuis novembre dernier, elle se ré-installe tranquillement. Mais à vrai dire, c’est comme si elle n’était jamais partie. « C’était tellement chez nous le Témiscamingue, que tout a été naturel quand je suis revenue. J’ai retrouvé d’anciennes amies, recommencer à rassembler mes frères autour d’un souper, je me suis inscrite à la chorale… Comme avant », raconte-t-elle.

On entend parfois que les aînés sont plus enclins à quitter la région pour la ville en raison des services de santé, entre autres. Pour madame Bélanger, ça ne s’est pas avéré être un enjeu. « J’ai tous les services dont j’ai besoin ici. J’aurai mon médecin de famille sous peu… Je dois aller à Val-d’Or pour mes yeux, mais sinon, j’ai tout à proximité, et je trouve qu’ici, les professionnels prennent davantage le temps de tout nous expliquer. »

Mais ce qui plait le plus à madame Bélanger, c’est de pouvoir vivre au quotidien avec ses proches. Ce qui fait également le bonheur de sa petite-fille Angèle-Ann Guimond, co-propriétaire de la Table Champêtre L’Éden Rouge. « Quand je passe près de chez elle, parfois j’arrête faire un tour. Soit pour lui apporter un restant de mon service de traiteur ou simplement pour dire bonjour.

Ayant effectué un retour en 2013 pour y démarrer son projet d’affaire, la petite-fille avait en quelque sorte ouvert la voie. « Pour toutes sortes de raisons, c’est devenu clair qu’il fallait que je revienne au Témis, près de mon monde. Étant en design de mode, j’ai donc décidé de changer de carrière. J’ai commencé un DEP en cuisine à l’Institut de tourisme et d’’hôtellerie du Québec », relate-t-elle.

L’entrepreneuriat la guettait, mais démarrer une entreprise en ville, c’est une jungle. Il y a plus de compétition, c’est plus cher et plus long. « C’est à ce moment que ma mère et moi avons développé le projet de Table Champêtre. Un défi à la hauteur pour moi sur le plan professionnel. »

« Tout le monde est pressé, tout le temps. »

Oui, la vie en ville, ça va vite. Et sur ce point, les deux générations s’entendent pour dire qu’en région on prend le temps de respirer plutôt que de de se prendre la tête. Un rythme qui convient mieux à Liette Bélanger, même si ça ne l’empêche pas de se tenir occupée, être à gauche et à droite et de s’impliquer dans son milieu.

Texte : Catherine Drolet Marchand

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