Trois histoires, trois retours

Ce blogue vous fait découvrir le parcours de quatre jeunes adultes ayant fait le choix de revenir s'établir au Témiscamingue. Il permet de jeter un regard neuf sur le territoire, mais aussi les défis qui accompagnent la décision de refaire ses valises pour sa terre natale.

Alexandre Binette : de la première maison à la mairie.

Alexandre vit depuis plus de 10 ans à Moffet (200 habitants). Attiré par un mode de vie loin de la consommation et du « trop », il a proposé à sa conjointe (originaire du village), de revenir s’y installer. Après 9 ans à s’impliquer, voilà qu’il devient maire. « Je travaille actuellement avec une communauté autochtone à un projet de construction du plus long pont en bois lamellé-collé au monde! Ça permettra au secteur Est de se désenclaver et se développer. C’est très motivant! »

Il remarque que trop souvent, les gens identifient ce qu’il n’y a pas dans une région. « Il manque ci, il manque ça… Je crois que tous devraient voir les opportunités de se mettre en action plutôt que d’énumérer ce que le territoire n’a pas. »

Stéphanie Thuot, ancrée.

 Pour cette résidente de Rémigny travaillant à Rouyn-Noranda, c’est son attachement à sa communauté et à sa famille qui l’a amené à revenir. « C’était important pour moi que mes deux filles se fassent garder souvent par ma maman, qu’elles vivent cette dynamique. »

Le prix des maisons l’a également séduite. « Le soir, je reviens chez moi et c’est le chalet qui m’attend, mes deux grandes terres, mon érablière et non loin de là, mon beau lac des Quinze. Chaque soir… Pas deux semaines par année ! »

Toutefois, les défis sont grands pour le village qui a vu son école fermer dans la dernière année. Mais les bras ne se sont pas baissés pour autant. Un projet de maison de la famille est en discussion, et Stéphanie y participe activement.

Sara-Jane Coutu-Loiselle : une place à prendre

Pour la bachelière en nutrition, l’emploi l’aura poussé à revenir plus rapidement que prévu. Elle appréhendait qu’il serait probablement difficile de pousser des projets, qu’il y aurait des réticences, des groupes déjà bien établis.

« J’arrivais de Montréal, je ne pensais pas retrouver la même ouverture, la même diversité. J’avais peur de ne pas rencontrer des gens qui ont les mêmes valeurs. Mais je me suis trompée. Je m’implique dans un groupe nommé les EnVertdeurs, qui a pour objectif de faire des actions environnementales dans le milieu, entre autres. »

Manon Gauthier, agente de migration au Carrefour Jeunesse-Emploi, dont le travail est de favoriser le retour en région, remarque que les jeunes ont un fort sentiment d’appartenance. Leur frein, c’est l’emploi. « La phrase que l’on entend le plus souvent c’est : oui j’aimerais revenir, mais si j’ai un emploi dans mon domaine. Le discours sur les besoins de main-d’œuvre doit donc être rappelé souvent, car des emplois spécialisés, il y en a! »

Texte : Catherine Drolet Marchand

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