Tournage du film Passage : ou mettre en image les racines de l’attachement

À deux reprises cet été, le Témiscamingue a fait office de décors pour le tournage du film Passage de la cinéaste Sarah Baril-Gaudet, dont la sortie est prévue en 2020. Ce film documentaire s’infiltre avec tendresse dans le quotidien de Yoan et Gabrielle, durant l’été de leurs 18 ans en région. Le film poursuit la quête identitaire de ces protagonistes qui tentent de s’épanouir et de tracer leur propre chemin.

Entrevue avec celle qui jette un nouveau regard sur ses racines.

  1. Est-ce que cette envie de produire un film abordant le sentiment d’appartenance répondait aussi à un questionnement de votre part, relativement à votre départ du Témiscamingue ?

Mes parents ont quitté la région alors que j’étais adolescente. Peut-être qu’inconsciemment, j’ai eu envie de me réapproprier le Témis et voir si mon regard avait changé et finalement, c’est plutôt le cas! Je m’y sens davantage chez moi qu’avant. Lorsqu’on a le nez collé sur la vitre, on n’apprécie pas les choses de la même façon. Je suis convaincue que le Témis a forgé la jeune artiste que je suis aujourd’hui. La vastitude de l’endroit, ses lacs et son calme ont certainement inspiré le rythme lent et contemplatif que l’on retrouve dans mes films.

 2. Parle-nous des personnages. Comment vivent-ils ce passage à l’âge adulte en région?

Les jeunes ne m’ont pas tellement partagé oralement les raisons de leur attachement étant donné que je ne fais pas d’entrevues avec eux dans le film. Par contre, je peux m’avancer en disant qu’une des raisons qui explique l’ancrage de Gabrielle est sa relation avec sa famille, ses amies et sa communauté. Elle adore croiser des gens et discuter avec eux. Elle a aussi un cheval en pension et participe à plusieurs festivals. Le mode de vie rural correspond parfaitement à sa personnalité.

 Pour Yoan, c’est plus nébuleux étant donné qu’il se cherche davantage. Il apprécie plus le Témiscamingue depuis qu’il a vécu une expérience difficile à Montréal. Il a constaté qu’il avait besoin d’appartenir à une communauté et que son entourage lui manquait profondément. Il ressent toutefois le besoin de vivre de nouvelles expériences et tentera sa chance à Québec dans la prochaine année.

Surveillez la sortie de ce film qui promet d’être une œuvre authentique posant un regard vrai sur les questionnements des jeunes adultes en région.

Texte : Catherine Drolet Marchand

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